Vers une collaboration renforcée entre acteurs étatiques et société civile dans la mise en œuvre de l’UNCCD au Bénin

Vers une collaboration renforcée entre acteurs étatiques et société civile dans la mise en œuvre de l’UNCCD au Bénin

Un atelier stratégique à Cotonou

Dans le cadre du projet Just Transition 2.0, un atelier de deux jours s’est tenu à Cotonou les 23 et 24 avril 2026. L’ONG ViSA Africa (Vision for Sustainability and Climate Adaptation in Africa), en collaboration avec TMG Research, en était l’organisatrice.

Plusieurs acteurs clés ont participé à cet événement. Parmi eux, le point focal de la Convention des Nations Unies sur la Lutte Contre la Désertification (UNCCD) au Bénin, des représentants de la société civile engagés dans le plaidoyer pour une politique foncière responsable, ainsi que des délégués du Ministère de l’Agriculture (MAEP) et de l’ANDF.

L’objectif central était de poser les jalons d’une feuille de route commune. Celle-ci vise à améliorer la mise en œuvre des décisions de l’UNCCD relatives au foncier. Pour y parvenir, une meilleure collaboration et davantage de synergie sont nécessaires entre le point focal national, les acteurs sectoriels et les OSC travaillant sur la gouvernance foncière responsable au Bénin.

Des points focaux à la croisée des chemins

Les points focaux nationaux occupent une position stratégique dans l’architecture internationale de lutte contre la désertification. Véritables interfaces entre les engagements mondiaux et leur traduction concrète au niveau national, ils portent une responsabilité considérable.

Pourtant, malgré leur charge de travail importante et leurs nombreuses sollicitations aux niveaux national et international, ces points focaux ne bénéficient pas d’un soutien adéquat. Au Bénin, comme à Madagascar et au Kenya, ils disposent tous de pouvoirs de décision limités. Par ailleurs, leurs ressources opérationnelles insuffisantes les contraignent à s’appuyer, de façon informelle, sur leurs réseaux de connaissances pour accomplir leur mission.

Comme l’explique Cheick Abdel Kader Baba, Chargé de programmes – Afrique de l’Ouest chez TMG Research, cette approche n’est ni durable, ni efficace. Selon lui, une telle informalité ne favorise pas un engagement efficace des acteurs de la société civile dans le soutien aux objectifs de la CNULCD au Bénin.

Un environnement de travail à renforcer

Dans un contexte où des appels répétés sont formulés pour renforcer la synergie entre les trois Conventions de Rio, il devient essentiel d’envisager un environnement de travail qui renforce les capacités des points focaux de la CNULCD.

En outre, il est impératif de mettre en place des mécanismes formels pour favoriser la collaboration entre ces points focaux et les OSC. Ces dernières, bien ancrées sur le terrain, disposent de données précieuses et d’une expertise reconnue en gouvernance foncière et en plaidoyer participatif. C’est précisément cette conviction qui a guidé l’organisation du présent atelier.

Un processus ancré dans une démarche consultative

Cet atelier ne constitue pas une initiative isolée. Il s’inscrit dans la continuité d’un processus participatif lancé en juillet 2025. À cette occasion, une série de consultations avait réuni plusieurs catégories d’acteurs afin de dresser un état des lieux honnête de la situation.

Ces échanges ont permis d’identifier les principaux défis rencontrés par les points focaux. Ils ont aussi ouvert des pistes concrètes pour y répondre. Les résultats obtenus, combinés à des entretiens menés au Bénin, au Kenya, à Madagascar et en Ouganda, ont jeté les bases d’un cadre capacitant pour les points focaux.

Ainsi que l’a indiqué Mr. Charbel Oudou Sabi Yaba, coordonnateur du projet Just Transition au Bénin et représentant de l’ONG ViSA Africa, ce cadre servira de référence pour les contributions des parties prenantes et la feuille de route à élaborer.

De la réflexion à l’action

L’atelier des 23 et 24 avril 2026 représente donc une étape décisive dans ce processus. En réunissant acteurs institutionnels et représentants de la société civile, cet espace de travail a offert le cadre nécessaire pour transformer les résultats des consultations en propositions opérationnelles. Nourries par les expériences de terrain de chacun, les discussions ont porté sur les modalités concrètes d’une coopération plus fluide, plus régulière et plus efficace autour des enjeux fonciers liés à la désertification.

Vers une diffusion internationale des enseignements

Les enseignements issus des processus consultatifs du Bénin feront l’objet de discussions lors d’un prochain webinaire. Ils seront également présentés dans le cadre d’un événement parallèle à la CdP 17. L’objectif est de fournir au Secrétariat de la Convention et au Mécanisme Mondial des exemples concrets. Ces exemples illustreront des approches efficaces pour soutenir les points focaux nationaux dans leurs rôles, tout en faisant avancer les objectifs de restauration des terres au niveau national.

Un progrès significatif vers la protection des droits fonciers

Le développement de la note de politique LDN-TSP 2.0 au Bénin marque une avancée notable. En effet, l’intégration de l’objectif 7 représente un progrès significatif. Cet objectif met l’accent sur l’adhésion aux principes de neutralité face à la dégradation des terres (LDN) et sur les directives volontaires de la FAO en matière de gouvernance responsable du régime foncier.

Ainsi, cette démarche contribue à protéger les droits des communautés vulnérables impliquées dans la restauration des terres et la gestion des ressources naturelles. Par ailleurs, elle crée une dynamique favorable à la mise en œuvre coordonnée des décisions de la CNULCD sur le régime foncier. La transition juste 2.0 s’appuie sur cet élan pour le transformer en actions concrètes.

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